Photo souvenir : Le temps du Judo

Le temps du Judo



Reconnaissez-vous ce jeune et blond judoka qui reçoit une récompense des mains du toujours dynamique Jean-Pierre Boudrahem ?
Cela se passait vers la fin des années 1970 lors d'une compétition en plein air sur le stade François Roitel
.

(Archives F.C)
Photo souvenir : Le temps du Judo

# Posté le dimanche 10 février 2008 12:17

Modifié le mercredi 19 mars 2008 16:09

Les oursins




Un beau plat d'oursins


C' est la saison des oursins. Il faut en profiter en respectant, bien sûr, les réglements en vigueur. Et surtout, ne faisons pas comme certains qui abandonnent les coquilles sur le sable des plages, alors qu'il serait si facile de les rejeter dans l'eau !
En attendant de nous régaler au bord de la mer, admirons ce beau plat d'oursins bien pleins sur cette photo signée David Canonici.
Les oursins

# Posté le dimanche 10 février 2008 12:31

La disparition de la forêt bonifacienne du Boscu

La disparition de la forêt bonifacienne du Boscu
Notre photo: Dans cette zone et tout autour englobant le cimetière et les casernes prospérait jadis une belle forêt... (Photo F.C)


La disparition du Boscu de Saint François


La petite forêt dans la ville


Il était une fois une forêt...
Eh oui, c'est déjà du passé. L'histoire commence comme celle d'un conte. mais l'on sait déjà qu'elle finit mal.
La forêt dite du "Boscu", située dans le quartier Saint François s'étendait, il y a un peu plus deux cents ans, sur sept à huit hectares. Elle occupait l'espace du cimetière, de tous les parkings et même, avant leur construction, l'emplacement des immenses casernes du quartier Saint Dominique !
C'est dire l'importance, à l'échelle de Bonifacio, d'une telle forêt dans la ville.
Elle était superbe cette forêt! Les habitants de cette époque allaient s'y promener, les enfants y jouaient. Elle pouvait aussi protéger car on s'y réfugiait lorsque le danger était aux portes de la ville comme, par exemple, durant le siège du roi d'Aragon (1420), des Franco-Corso-Turcs (1553).
Elle était composée d'oliviers sauvages, de lentisques, d'arbousiers et surtout de genévriers que les Bonifaciens ont baptisé "Agaghju" ou "bois de fer" en raison de son extraordinaire dureté, de sa solidité à toute épreuve et de son imputrescibilité. Il est également connu sous le nom de genévrier de Phénicie ("Juniperus phoenicea"), mais les variétés et sous-variétés de genévriers sont si nombreuses que l'on se perd un peu dans la nomination scientifique. Seul un botaniste averti pourrait exactement nous éclairer sur la dénomination exacte de l'espèce qui nous intéresse.
Bon nombre de ces genévriers, coupés intelligemment (et non rasés à leur base) suivant un plan établi et des quantités prévues par les autorités, ont servi à confectionner des charpentes pour les maisons bonifaciennes. Et, quand on constate la longueur et la grosseur des poutres principales (poutres maîtresses) on imagine la taille que pouvaient avoir de tels arbres dans un site aussi venté et aride que celui de Saint François. La chose serait à peine croyable si elle n'était formellement attestée par les écrits de l'époque et les cartes anciennes où apparaît nettement l'ancienne forêt.
Vraisemblablement, il paraît impossible que toutes les poutres (maîtresses et secondaires) des maisons bonifaciennes proviennent exclusivement de la forêt de Saint François. Un grand nombre était coupé aussi dans la proche région de Bonifacio où le même genévrier prolifère. La forêt du "Boscu" était si jalousement protégée par les Anciens (voir plus bas) qu'ils n'auraient jamais permis une utilisation aussi intensive. Comme il est dit plus haut, les coupes de bois destinées aux constructions devaient se faire à une certaine époque et sur des sujets sélectionnés à cet effet. Le but était de gérer au mieux cette forêt et de l'aérer afin d'assurer une bon développement des grands arbres tout en favorisant la pousse et la repousse des plus jeunes
.

La forêt ancienne vue par des témoins de l'époque

Voici deux descriptions de la forêt du "Boscu" écrites au moment où elle existait encore (à noter qu'aujourd'hui il n'y a plus de forêt mais le nom est resté):
D'abord celle d'un érudit bonifacien, Jean-Baptiste Marzolaccio, en 1626: "Bonifacio occupe un espace de deux mille de circuit dont la moitié est occupée par les maisons et les églises. L'autre moitié est couverte d'oliviers sauvages, de genévriers, de nombreux lentisques que l'on ne coupe qu'en cas d'extrême nécessité. Ces arbres et ces broussailles offrent une vue agréable aux promeneurs. Cette moitié se trouve à l'ouest de la ville et porte le nom de bois".
Et voici à présent une autre description d'un officier dans un rapport au roi Louis XV (probablement vers 1770): "Il y a à Bonifacio une espèce de parc ou de petit bois qui sert de promenade aux habitants. On y voit des chênes verts, des oliviers sauvages et des genévriers. Les troncs de ces arbres sont d'une grosseur singulière. On les conserve pour la plupart à cause de leur antiquité et il y a des défenses très rigoureuses de les dégrader ou de les abattre sous peine de galère ou d'avoir le poing coupé. On y trouve communément du gibier pour chasser...".
En 1779, une carte établie par le Génie français mentionne le Boscu comme "un petit bois de sabines, très utile à préserver pour les moyens de défense et de ressources
"

La mort du Boscu

Mais un jour, hélas, le "Boscu", la belle forêt bonifacienne, qui faisait la fierté des habitants et qui les abritait des vents très violents soufflant à l'époque beaucoup plus qu'aujourd'hui, fut dévasté. Comment une telle catastrophe a-t-elle pu se produire?
La plupart des historiens qui ont traité cet épisode mentionnent brièvement le "Boscu" qui fut, disent-ils, "incendié par les troupes révolutionnaires".
A priori, il semble assez extraordinaire que des soldats, même en y mettant la "meilleure volonté" du monde (si l'on peut dire!), aient pu incendier sept à huit hectares de forêt en plein hiver (janvier-février), même par grand vent. Sans vouloir atténuer leur responsabilité, tentons de comprendre comment les choses ont pu se passer.
Nous sommes en 1793. Les troupes révolutionnaires françaises se trouvent à Bonifacio en vue d'attaquer la Maddalena en Sardaigne avec, notamment, à leur tête, le jeune lieutenant-colonel Bonaparte2 (qui allait devenir plus tard l'empereur Napoléon!). Les soldats, pour la plupart jeunes, inexpérimentés, mal équipés, mal nourris, peu payés, sont très mécontents et manifestent leur désaccord à tous propos. Malgré l'interdiction qui leur en avait été faite, ils coupent les arbres du Boscu où ils campent depuis deux mois. Mais ils sectionnent les troncs d'une manière anarchique, ne leur laissant ainsi plus aucune chance de repousser. Il faut dire qu'il faisait froid (nous sommes en janvier/ février). Imaginons sept cents hommes sacrifiant chaque jour plusieurs arbres pour se chauffer, cuisiner, et aussi, il faut bien le dire, en mutilant d'autres, par esprit de vengeance envers leurs chefs qui eux, étaient mieux traités, mieux équipés et mieux nourris.
Résultat : la forêt fut détruite. Progressivement la terre allait être "lavée", mettant à nu les roches. Plus tard, les arbres qui restaient encore allaient être arrachés pour agrandir l'espace militaire. En 1800, comme l'attestent des documents que nous avons pu consulter, il ne restait plus que des souches que des habitants et des militaires arrachaient pour leur chauffage.
La disparition de la forêt a eu également pour conséquence d'entraîner celle de la couche de terre qui, progressivement au fil des siècles, a été "lavée", emportée. Dire qu'il y a une centaine d'années on cultivait encore du blé autour du moulin proche du cimetière ! Là où aujourd'hui n'est plus qu'une sorte de désert caillouteux.

La triste histoire du Boscu s'arrête là.

Un espoir de renouveau ?

Le 25 janvier 1977, Mme Marcelle Conrad, conseiller biologique pour la flore de la Région Corse (aujourd'hui décédée), vivement intéressée par la proposition d'une éventuelle replantation du Boscu nous adressa la lettre suivante:
"(...) Le nom français est vraisemblablement genévrier à gros fruits, le nom latin "Juniperus Macrocarpa"3. C'est une des curiosités de la flore insulaire. En France continentale, ce genévrier est extrêmement rare tandis qu'en Corse, il est très répandu, de l'étang de Biguglia à Bonifacio, à la limite des sables maritimes et du maquis ou des pinèdes (...)
Peu à peu ces arbres disparaissent, hélas! Mais le "Boscu" ne pourrait-il pas revivre? Vous avez raison de poser la question. A l'heure où Bonifacio et son site extraordinaire sont de plus en plus mis en vedette, ne pourrait-on clôturer une petite superficie sur l'ancien emplacement du "Boscu" et y planter quelques jeunes genévriers puisqu'il y en a encore dans la campagne bonifacienne? Il doit bien y avoir de très jeunes plants, les seuls dont la reprise est facile.
Je suppose qu'il s'agissait bien de ce genévrier à gros fruits, car les poutres des maisons bonifaciennes témoignent de la grandeur de ces arbres dans lesquels elles ont été taillées".


200 après, quelques arbres repoussent

Mais, malgré les dures épreuves infligées par les hommes, malgré leur désintérêt, la nature persiste et signe. En effet, on peut assister à l'émouvante et pénible reconquête d'un certain espace par quelques jeunes genévriers. Ce petit "miracle" est visible surtout sur la partie nord de la presqu'île, située entre les deux moulins, sur le versant droit dominant le goulet (direction le cimetière). Là, de nombreux petits et moyens genévriers variant d'une hauteur de quelques dizaines de centimètres à un mètre voire plus côtoient d'autres espèces. (précisons que si le lentisque persiste, il n'y a plus aucune trace de chênes ni d'arbousiers).
Ces quelques arbustes sont l'émouvante preuve, s'il en fallait encore une, de l'existence de l'ancien Boscu que les Bonifaciens d'aujourd'hui évoquent si souvent, toujours avec une pointe de regret. Même s'ils ne l'ont pas connu, ils en ont tout de même conservé le nom qui est passé dans la mémoire collective et qui, probablement, ne disparaîtra jamais. Ils ont conscience aujourd'hui de l'extraordinaire richesse qu'aurait représenté pour la ville, dans un cadre aussi exceptionnel, l'existence d'une si belle forêt, bien entretenue.
On peut dire que, compte tenu du passé de ce site, cette petite superficie qui renaît de ses cendres (c'est le cas de le dire) a valeur de symbole. Elle constitue même, étant donné la rareté des spécimens un petit monument végétal qui appartient à notre patrimoine, à notre passé, à notre mémoire.
Ce petit espace mériterait d'être respecté et sauvé. Si cela était possible, on pourrait peut-être en clôturer une partie, bien la nettoyer et y installer un ou deux panneaux explicatifs rappelant qu'en ce lieu existait une belle forêt de genévriers et autres espèces, détruite en grande partie durant l'expédition révolutionnaire en 1793.
Ainsi les Bonifaciens auraient le sentiment d'avoir entrepris au moins quelque chose de positif pour rendre hommage à ce Boscu que leurs ancêtres, avant eux, avaient aimé et respecté.
On pourrait aussi délimiter un petit périmètre expérimental, y apporter de la bonne terre et le clôturer. Puis, en se procurant de petits plants (les plus petits possible) munis de leurs mottes de terre, on les repiquerait à l'époque voulue (sans doute en automne-hiver). L'arrosage serait assuré par un système de goutte-à-goutte. En n'oubliant pas que la croissance des genévriers, quelle que soit leur variété, est extrêmement lente
.

François CANONICI



Une intéressante précision de M. Jean Malbrunot

J'ai lu avec intérêt tout ce que tu as écrit au sujet du Bosco, et j'imagine quelle belle parure cela constituait pour la ville de Bonifacio.Si une telle forêt existait encore, ce serait indiscutablement un atout touristique supplémentaire, et un lieu de promenade recherché pour les habitants.Mais, en dehors du côté esthétique et agréable, cette forêt avait très certainement un rôle défensif de premier plan. D'abord, comme tu le
soulignes, parce que les gens pouvaient s'y réfugier en cas de siége, mais aussi, et cela je l'ai appris lors des journées maritimes, parce qu'il était possible d'y tailler des pieux qui permettaient d'armer la population
(hommes et femmes en âge de se battre), qui s'en servaient pour empaler les assaillants qui tentaient d'escalader les murailles.
Il semble d'ailleurs, que toute ville fortifiée du moyen âge se devait de posséder une telle forêt. Ce qui permet aussi de mieux comprendre pourquoila réglementation la concernant était aussi draconienne.

# Posté le lundi 11 février 2008 08:46

Modifié le mardi 12 février 2008 01:56

La Marine dans les années 1950

Scène de rues


LA MARINE DANS LES ANNEES 1950


Voici une nouvelle scène nostalgie qui ravivera un certain nombre de souvenirs parmi les plus anciens d'entre nous. Cette photo, même si elle n'est pas d'excellente qualité n'en constitue pas moins un document précieux et un témoignage de la vie d'antan.
Nous remercions beaucoup l'ami Jojo Irali qui figure d'ailleurs dans la photo de nous avoir permis de la reproduire
.
La Marine dans les années 1950

# Posté le mardi 12 février 2008 03:49

Modifié le vendredi 15 février 2008 02:42

Aio i pesci

Aio i pesci

Aio i Pesci !


Voici une scène de rue (Doria) où des bonifaciennes choisissent les beaux poissons proposés par ce jeune pêcheur, Damien Catoire, tout en bavardant et plaisantant.
La venue d'un vendeur de poissons est toujours une sympathique attraction dans les rues de notre vieille cité..
(photo F.C
)

# Posté le mardi 12 février 2008 04:07

Modifié le lundi 03 mars 2008 05:09