Le lancer du coq

Tradition de la Corse du Sud

Le Lancer du coq



Origine et explications assez imprécises.
Il n'y a guère longtemps (je l'ai connu moi-même) pour le Mardi-Gras, les écoliers apportaient un coq enrubanné à l'instituteur. En réalité, deux ou trois enfants étaient chargés de lancer le volatile dans la salle de classe où les écoliers étaient assis et instruits de l'affaire (tout comme d'ailleurs le maître, même s'il faisait semblant de l'ignorer en poursuivant son cours). Il faut dire que, préalablement, une fenêtre avait été laissée entrouverte afin de faciliter l'opération de lancement.
Lorsque le coq était lancé, c'était évidemment une ambiance indescriptible dans la salle de classe. Tout le monde riait... même l'instituteur. Ce dernier, jadis, était tenu de servir des gâteaux et des fruits secs à l'assemblée. Puis, au fil des années, la coutume s'est perdue avec une reprise ces dernières années.
Il faut sans doute rapporter cette coutume au jeu du tir-au-coq, répandue dans toute l'île lors des fêtes importantes et de même, à l'idée que cet animal possède des fonctions météorologiques.
Donc le lancement du coq (à noter que l'on se cotisait pour l'acheter) paraît être un symbole de fête, de réjouissances, un acte qui annonce la délivrance, les vacances, la joie...
Je dois signaler que j'ai également connu, ai lieu du coq, l'apport d'un agneau vivant ou d'un cabri que l'on faisait entrer brusquement par la porte de la salle de classe. Mon frère Dominique, vers les années 1955 ou 56 qui était instituteur à Bonifacio avait lui-même reçu un magnifique agneau. Il l'avait apporté à la maison afin que mon père puisse l'égorger et le dépecer. J'avais à l'époque 15 ou 16 ans. Je n'ai pas voulu qu'il soit sacrifié en vue d'un bon repas. J'ai pleuré et trépigné à tel point que mes parents ont fini par céder. J'avais appelé l'animal "Champollion" (je ne sais trop pourquoi j'avais donné le nom de cet égyptologue français). Le fait est que l'agneau s'était attaché à moi (je lui donnais le biberon régulièrement) et qu'il me suivait dans la rue comme un chien. Le matin, lorsqu'on le faisait monter à la maison, il bondissait sur mon lit et venait me lécher le visage.
Lorsque je passais devant la cave où il logeait, il se mettait à bêler dès qu'il sentait ma présence. Puis à 17 ans j'ai quitté Bonifacio et...Champollion qui a certainement dû finir comme tous ses congénères. Mais mes parents m'ont assuré qu'ils n'ont jamais mangé de cette viande.
Il faut également retenir que dans le lancement du coq ou l'introduction de l'agneau, le but était tout de même de faire un cadeau à l'instituteur en remerciement sans doute de la peine qu'il se donnait pour instruire les enfants.

# Posté le mercredi 06 février 2008 11:39

Modifié le mercredi 06 février 2008 11:50

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# Posté le jeudi 07 février 2008 03:30

Modifié le jeudi 07 février 2008 11:18

Le Baracun, ce témoin de pierre

Le Baracun, ce témoin de pierre
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Le Baracun, ce témoin de pierre

Parmi les vestiges ruraux témoignant de l'exploitation agricole du vaste territoire bonifacien, il faut noter les curieuses cabanes de pierres appelées "baracun".
D'abord , dissipons un malentendu : le baracun bonifacien n'a jamais été (ou alors d'une manière tout-à-fait exceptionnelle) une "cabane de berger ". Pour la bonne raison que généralement, les bergers, afin d'éviter les conflits générés par la divagation des animaux, se fixaient dans les zones les plus éloignées de la ville (donc des jardins, des vergers, des vignes et des oliveraies), plutôt dans le secteur granitique de la région: Trinité, Corbu, Ventilegne, Francolu, la testa mais aussi les secteurs de Caneto, Sperone, Cala-Longa etc.. Ces bergers, et à plus forte raison leurs troupeaux) ne rentraient pas en ville le soir, comme les Pialinchi (les travailleurs des champs bonifaciens) mais vivaient sur place, logeant non pas dans de simples baracun mais dans des maisonnettes de pierres granitiques, parfois pourvues de deux pièces ("i caseddi").
Les baracun, même lorsqu'ils sont complexes comme ceux, remarquables, de Casila, n'ont jamais été, non plus, des lieux de sépulture. Ils ne datent pas de la préhistoire mais appartiennnent à l'architecture des temps modernes (XVII° siècle, mais surtout pour une grande partie, au XVIII° ou XIX° siècle, même si la technique de construction remonte probablement à la fin du néolithique (vers - 2000 avant J-C).
Plus simplement, cette curieuse cabane en pierre sèche, très rustique, n'était autre qu'un abri ou (et) une remise à outils, un lieu de repos et de repas pour les travailleurs des champs et les jardiniers que l'on appelait "pialinchi" comme il est mentionné plus haut.
Le nom "pialinchi" qui est le pluriel de "pialincu" viendrait de "Palla" ou Pallae", une cité antique que les historiens situent à l'Extrême-Sud delLa Corse (du côté de Sperone) mais qui pourrait être un des nombreux noms attribués au site de Bonifacio. En effet le détroit qui sépare la Corse de la Sardaigne ne se nommait-il pas "Fretum pallicum" ? ("détroit de Palla"?). Donc un "pialincu" était un travailleur, un occupant de la campagne de "Palla" devenue plus tard "Piale" par déformation linguistique. Le fait est qu'au XIII° siècle on désignait la campagne boniifacienne par ce nom (encore usité aujourd'hui) : "In districtu Bonifaci ubi dicitur Paleam" ("dans le district de Bonifacio dénommé Pallae"); "In Paleam ad bocca di Caneto" (A Pallae, aux bouches de Caneto)..
Mais revenons au baracun que l'on apparente au Borie de Provence. Est-ce une raison pour que, dans la cartographie officielle, ce "cousinage" lui fasse perdre son nom d'origine auquel les Bonifaciens tiennent particulièrement ? Remise à outil, abri, il était "utilisé" mais non "habité" par le pialincu qui n'y passait jamais la nuit. Pourquoi ? Il faut savoir qu'à cette époque les dangers persistaient dans les campagnes durant des siècles: razzia des Sarrasins, attaques par les Corses de l'intérieur, pillages, assassinats etc. : "Soumis aux razzia des Barbaresques mais aussi aux raids des Corses de l'intérieur, les Bonifaciens (...) sans cesse exposés aux insultes d'un ennemi actif et vengeur répandu dans la campagne, ne récoltaient le fruit de leurs travaux qu'au péril de leur vie. La moisson se disputait" (rapport de 1786 au roi de France).

Plus de 1000 baracun à Bonifacio !.

On évalue la quantité des baracun disséminés dans la campagne bonifacienne à plus d'un millier. Certains avancent même le nombre de 2000 !. Ce n'est pas impossible compte tenu de ceux qui sont enfouis dans la dense végétation du "Piale" ou qui sont en ruine.
Bâtis sans recherche d'effet esthétique (ce qui ne les empêche pas d'être remarquables), la plupart des baracun sont de style cylindro-conique avec des dimensions variables et des pentes de toit plus ou moins accentuées. De nombreux exemplaires sont à plan carré à leur base. Beaucoup d'entre eux sont de petite taille avec des entrées très étroites et basses (0,60 à 0,90 cm de largeur pour un mètre de hauteur, rarement plus), proportionnelles à l'importance du bâtiment.. Quelques spécimens sont cependant d'une taille imposante comme à Caprili (50 m2 au sol) ou à Finocchiu où un baracun atteint une hauteur de 6 mètres !
La grande majorité des baracun sont des constructions à une seule pièce. Mais il en existe quelques-uns, particulièrement grands qui comportent deux "pièces" communiquant entre elles. Malgré quelques exceptions, les entrées, pourvues de linteaux en bois (genévrier ou olivier sauvage, parfois en plaques de pierre) sont généralement orientées sud-sud-est afin de les abriter des vents dominants Mistral (Ouest) ou Tramontana (Nord).
Les baracun bonifaciens se situent dans une tradition propre aux habitats remporaires des pays méditerranéens (et autres puisque l'on trouve de telles cabanes en Bretagne et même en Angleterre !) où la roche peut être débitée en plaques. Pour que de telles strutures apparaissent, il faut donc trois conditions: la géologie du terrain, une tradition lointaine, le besoin de créer un habitat temporaire..
Presque tous les baracun sont construits isolément. Cependant, le site de Casila constitue une exception puisqu'il présente une structure composée de quatre baracun accolés, avec passages couverts, escaliers, four, cour, abreuvoir et petit lavoir à proximité etc. Ce complexe absolument remarquable était sans doute habité jadis durant quelques mois pour la récolte des olives notamment.
J'ai entrepris une étude détaillée sur Casila où un de mes amis chercheurs (Jean Malbrunot, auteur d'un ouvrage sur "Les monnaies médiévales bonifaciennes") avait trouvé une pièce frappée à Bonifacio au XIV° siècle. Cette étude sur les Baracun sera incluse dans un ouvrage spécialement consacré à la campagne de Bonifacio: "Bonifacio des champs et des pierres"...

Pour plus de renseignements posez vos questions à l'auteur François CANONICI .
dans "Commentaires"



# Posté le jeudi 07 février 2008 04:10

Modifié le jeudi 07 février 2008 06:29

Nos Lieux-dits : Que signifie Longone (Lungun)

Nos Lieux-dits : Que signifie Longone (Lungun)
La fontaine di u Lungun (Longone) au début du XX° siècle (Coll.F.C)

NOS LIEUX-DITS


QUE SIGNIFIE LONGONE, U LUNGUN ?

Le quartier de Longone (Lungun) est un des plus cités dans les documents du XIII° siècle et notamment les actes notariaux. A ce sujet, voici ce que l'on peut trouver dans l'ouvrage "Bonifacio à travers ses rues et places" de François Canonici. A Stamperia. 2007

Longone [/g]: (Ancien chemin de). En bonifacien : u Lungun. Pourrait signifier le "long chemin". A-t-il donné son nom à la fontaine, et par extension au secteur situé près de l'hôpital, ou bien est-ce le contraire? Dans ce cas pourquoi cet endroit ferait-il référence à une "longueur" ?
A priori, la longueur du parcours (ville-Fontaine) pourrait expliquer à elle seule cette appellation. Mais, sans doute faut-il sous-entendre par "u Lungun": le chemin "menant" à Lungun (au lieu-dit Lungun)..
Ce sentier (900 mètres environ) partait de la Chapelle Saint Roch jusqu'à la Fontaine de Longone. Avant la construction de la route reliant la Marine à la Haute-Ville (décidée en 1838, achevée dix ans après), les Bonifaciens l'utilisaient pour aller à la source de Longone s'approvisionner en eau potable. Partant de la fontaine, ce sentier passait au-dessus de l'hôpital local, puis, surplombant la Marine, devant l'ancienne église Saint Lazare, suivait à peu près, mais beaucoup plus haut, le tracé de l'actuelle avenue du Général de Gaulle. On peut, aujourd'hui encore, en apercevoir les vestiges en certains endroits.


Longone : (Fontaine et quartier de) A Funtana di Lungun. A Pumpa di Lungun. Que signifie donc "Longone" ou plus exactement "Lungun"? Dans ce nom il y a, semble-t-il, une notion de "longueur". Mais quand on constate que le quartier "Longone" est encaissé entre la Senola à l'Ouest, Brancucciu au Nord et l'Orenaggiu à l'Est, on a du mal à admettre que cette appellation puisse lui venir de sa "longueur". Cependant, il faut sans doute remonter très loin dans le temps lorsque les appellations "Senura" et "Orenaggio" n'existaient pas encore et où l'eau du goulet s'enfonçait beaucoup plus loin dans la vallée de Saint Julien. "Lungonem" (Lungun) pouvait peut-être désigner la "longue rive" ou même l'ensemble du goulet. Quoi qu'il en soit, aujourd'hui le quartier de "Lungun" désigne avant tout l'endroit (actuelle caserne des Pompiers) où se situait la station de pompage qui refoulait l'eau en haute-ville. Il englobe, par extension, tout le secteur où se trouve l'Hôpital, la Gendarmerie etc... Au Moyen-Age, Longone ("Lungonem") est l'endroit le plus indiqué dans les actes notariés ("terre vineate posite ubi dicitur ad lungonem con domo superposita"1). Il y avait là de nombreux jardins (avec maisonnettes), des petites vignes, des terres. Les transactions étaient nombreuses et les prix assez élevés car la terre était bonne et riche en eau (puits, sources, fontaine, canal).
Longone, principal point d'approvisionnement en eau pour toute la cité, était l'objet d'une grande attention de la part des responsables communaux. Les écrits anciens font souvent état de réparations, de nettoyage, d'améliorations etc... Comme à la fin de l'année 1876 où l'on décida d'apporter de nouveaux équipements, et, en 1877, d'installer une pompe. Mais, curieusement, la construction, souvent réclamée, d'un véritable abreuvoir pour les ânes, les mulets et les chevaux n'interviendra qu'en 1889 (car les finances de la Ville, qui avait fait d'autres choix, ne le permettaient pas). En 1898, on restaurait entièrement les portes de la Fontaine de Longone qui étaient "dans un piteux état".
Archéologie : En 1984, L'archéologue François de Lanfranchi découvrait le site de Longone. Il consiste en une superposition de "cabanes" restituant des déchets alimentaires (coquillages d'huîtres énormes et de moules notamment), près de la source. Cette découverte pourrait confirmer le fait que la mer, à cette époque, non seulement arrivait jusqu'à Longone, mais s'infiltrait beaucoup plus avant, vers le quartier "Orenaggio" (qui signifie endroit sablonneux) et vers le Sgavarun. Il semble que ces lieux aient connu une occupation ininterrompue du Néolithique ancien (4 500 avant J.C) jusqu'à l'âge du cuivre (2500 avant J.C). Les populations implantées à Longone vivaient surtout des produits de la mer. Ce site a dû recevoir les premiers navigateurs, les premiers producteurs ayant débarqué dans l'île.
Situé à la base du versant abrupt du plateau de Camp'rumanillu, le site, au fil des siècles a été enfoui, par les ruissellements et le transport des matériaux, sous une importante couche de terre. Dans la couche V, des blocs de calcaire juxtaposés constituent l'enceinte de la cabane et l'on voit deux importants foyers appareillés. Une extension de la fouille en amont du site (près de l'ancien sentier taillé dans la roche) permettait une étude des niveaux proto-historique : âge du fer, âge du bronze.
Bonifacio, plaque tournante des influences de la Méditerranée occidentale et orientale, a reçu des nouveautés de chaque période (du Cuivre au Calcolithique) ainsi que les techniques agricoles depuis le 5° millénaire avant J.C.
Anecdote: "Lungun" avait fini par devenir un lieu symbolique. C'est à Lungun que les travailleurs bonifaciens en colère se réunirent pour leur première revendication, ainsi que l'indique une chanson de 1911, intitulée "A Greva di i Pialinchi"2 écrite par Léon Camugli ("La grève des travailleurs des champs" auxquels s'étaient joints les ouvriers bouchonniers). En voici un couplet:
Irinu un belu pocu di pialinchi/ A puré fà un batagiun/ Ghi n'ira quatru zentu vinti zinqui/ Davanti à a funtana di Lungun etc... ("C'était un bon groupe de paysans/ Pouvant constituer un bataillon/ Ils étaient quatre cent vingt cinq/ devant la fontaine de Lungun..."

[g]Longone (a Costa di) A Costa di Lungun. Certains écrits mentionnent même "Rippe di Longone". C'est la colline surplombant l'ancienne fontaine de Longone à la base de laquelle se trouve le site néolithique (voir ci-dessus)

A présent nous allons donner une autre version de la signification de Longone que nous avons pu trouver après l'impression de notre ouvrage. C'est pourquoi elle ne s'y trouve pas.



Longone viendrait de Nouvelle Castille

Voici donc une autre interpétation du toponyme Longone. Selon André Serra (u sciü Andrià) et notre ami le général Antoine Serafino, des Espagnols de la ville de Logiono (Nouvelle Castille) chassés par les Wisigoths se seraient réfugiés à Bonifacio, au fond du goulet, endroit auquel ils donnèrent le nom de leur ville : Logiono.
En 711, les Sarrasins s'emparèrent de la Corse et détruisirent, entre autres, Logiono.
C'est ainsi que, par déformation linguistique et phonique (cela est arrivé pour des dizaines d'autres toponymes), Logiono est petit à petit devenu Longone (en bonifacien: Lungun).
Certes, on ne peut rien affirmer. Mais nous avons tenu à mettre à la disposition de tous ceux qui s'intéressent à notre cité et plus particulièrement à la signification de ses nombreux lieux-dits, les différentes explications concernant ce quartier.
Logiono est donc une ville d'Espagne, chef lieu de la Rioja, sur l'Ebre. Elle est peuplée de 123 000 habitants (Eglises du XII° et du XVIII° siècle).
Voilà en tout cas un sujet de recherches plus approfondies qui s'offre à nos jeunes chercheurs
[/size].

Quand les rats..dînent de gaines

JIbé, un fidèle visiteur de notre site nous raconte un souvenir concernant Longone.

"L'évocation par François, dans son copieux blog de la fontaine de Longonu m'a rappelé une anecdote la concernant .L'événement se situe dans les années cinquante.L'un des moteurs électriques destinés à pomper l'eau avait subi une grave avarie. En dépit de ses connaissances en la matière, le fontainier chargé de la maintenance(M. Di Giorgi),n'avait pas réussi à dépanner l'engin récalcitrant .la situation n'allait pas tarder à devenir préoccupante, C'était en été, et même si l'affluence touristique était loin de ce que notre cité connaît de nos jours, la population était malgré tout en nette augmentation pour poser des problèmes à notre brave fontainier qui ne savait plus à quel saint se vouer .C'est alors que quelqu'un dans son entourage eut une idée de génie . Très proche de la famille di U Cuntinu, ls propiétaires de "l'Hôtel Les Voyageurs", il savait qu'ARCHIMEDE était arrivé la veille de la
Sardaigne pour passer quelques jours chez ses parents restaurateurs .Or il se trouvait que le nommé Archimède n'etait pas n'importe qui ; Outre que c'était un trés brave homme, il était ingénieur responsable du
service des eaux de la Maddalèna et spécialiste des pompes électriques.Sollicité pour donner son diagnostic sur le moteur récalcitrant, archimède accepta de bonne grâce, Revêtant la salopette de mécano, il se pencha sur la pompe moribonde sous le regard inquiet du fontainier local et de quelques curieux .En moins de temps qu'il ne faut pour le dire , Archimède,mit le doigt là ou le mal avit rendu la pompe muette. Son sympathique visage s'éclaira d'un large sourire et, il s'écria : (Non pas EUREKA, car je devine que c'est ça que vous attendiez ), mais : "o travato, sono li topi " En effet les souris avaient rongé la gaîne des fils électriques provoquant le court circuit dévastateur .Les dégats furent vite réparés et la pompe se remit à ronronner.
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# Posté le jeudi 07 février 2008 11:43

Modifié le samedi 09 février 2008 11:44

Histoire de... fourchette

Histoire de... fourchette
La fourchette à deux dents du XIV° siècle découverte sous la rue Fred Scamaroni est une des plus anciennes.
(photo F.C)


Histoire de...fourchette

On pensera ce que l'on voudra, même si elle n'en donne pas l'impression, Bonifacio a toujours été en avance sur son temps !
Ce n'est nous qui le disons. Ce sont les faits. Et les faits sont têtus.
On sait que la "cité des Falaises" s'était dotée d'un réseau d'égouts moderne (pour l'époque) dès le XIII° siècle, un peu grâce aux Génois ("ces pelés, ces galeux", d'où venaient, disent certains, tout le mal). Notre ville fut , toujours grâce aux Génois,la seule à fabriquer sa propre monnaie à partir de cette même époque et, au moins, jusqu'au XV° siècle etc.
Et voici qu'une récente découverte faite par notre ami chercheur M. Jean Malbrunot (auteur de l'ouvrage "Les monnaies médiévales bonifaciennes) accrédite l'idée que, décidément, Bonifacio était à la pointe du progrès et du raffinement.
Lors des travaux de terrassement entrepris rue Fred Scamaroni l'hiver et le printemps derniers, Jean avait découvert, entre autres pièces de monnaie du Moyen-Âge...une fourchette à deux dents datant du XiV° ou du XV° siècle. Rappelons que ce secteur de Bonifacio (rue et Immeubles) a été créé, à la fin du XIX° siècle, sur un terrain vague qui faisait partie du ravin de la Carotola où l'on jetait jadis ordures et détritus divers ("Bonifacio à travers ses rues et Places").
Il convient de savoir que la fourchette est apparue à Venise au XI° siècle où elle servait à déguster les fruits confits sans se poisser les mains. L'usage de la fourchette de table était confidentiel jusqu'au XVIII° siècle.
La fourchette "bonifacienne" qui compte parmi les plus anciennes, n'a que deux dents comme les fourchettes vénitiennes et probablement génoises (les autres avaient trois dents).
Quoi qu'il en soit, cette découverte est importante et permet, en tout cas, de savoir que nos ancêtres de l'époque utilisaient (déjà) des fourchettes à table.
Certes, certes, me direz-vous, comme une seule hirondelle ne fait pas le printemps, c'est un peu court pour affirmer qu'une simple fourchette d'époque, puisse attester de l'excellence de l'art de vivre bonifacien au XV° siècle.
Mais il n'empêche que ce vestige nous laisse tout de même un brin admiratif et nous procure une légitime fierté.
Surtout quand on pense qu' un siècle et demi plus tard (environ) les convives se servaient encore de leurs doigts à la Cour du roi de France !

F.C

# Posté le vendredi 08 février 2008 02:57

Modifié le vendredi 08 février 2008 03:13